Bio et démarche

Coordonnées

Atelier: 6830 St-André #201, Montréal, Qc
Booking et autres renseignements: knock knock.
Vimeo | Github

Biographie (version courte)

Patrick Saint-Denis est un artiste dont la pratique vacille entre plusieurs disciplines, quelque part entre le concert, l’installation, la performance audiovisuelle, l’art robotique et le théâtre physique. Ses oeuvres sont régulièrement présentées à Montréal et à l’étranger et lui ont valu plusieurs prix, dont notamment le FETA Prize (États-Unis) en 2017 et le prix Jules-Léger du Conseil des arts du Canada en 2004.

Démarche (version courte)

Je m’intéresse au design interactif dans sa possibilité de projeter sur la musique un ensemble des symboles qui enrichissent l’écoute. Mon travail est essentiellement multidisciplinaire tout en étant enraciné dans les pratiques du son. Je suis constamment en train de revisiter mon approche de la création afin de faciliter une pratique transversale incluant différents collaborateurs avec qui je partage le travail et l’autorat de mes oeuvres.

Biographie (version longue)

Après des études en composition (conservatoires de Québec, de Montréal, et de La Haye) et en mathématiques (UQAM et Université Laval), Patrick Saint-Denis (1975) a obtenu un doctorat en composition de l’Université de Montréal en 2014. Au début des années 2000 il a entretenu une carrière de jeune compositeur pendant laquelle il a reçu des commandes d’ensemble tels que l’ECM+ (2002, 2005, 2009), le Continuum Ensemble (2006), E27 (2008), l’Onix Ensemble (2008) et le Trio Fibonacci (2013). Il a remporté de nombreux prix dont cinq premiers prix au concours de jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN, le prix Robert-Flemming (2004), le prix J.B-C. Watkins (2004), le prix Marcelle (2014) et le prix Jules-Léger (2004). Sa musique a été présentée dans des festivals de musique nouvelle en Amérique du Nord, en Europe et en Asie tels que la Semaine internationale de la musique Gaudeamus (Pays-Bas, 2003, 2004), le Festival Montréal Nouvelles Musiques (Canada, 2005, 2009), les Journées mondiales de la musique ISCM (Croatie 2005, Slovaquie 2013), le Mois Multi (Canada, 2008), le Festival Cervantino (Mexique, 2009), le Festival Currents (USA, 2013), le Festival Cluster (Winnipeg, CA) et à l’ICMC (Royaume-Uni, 2011). Il a participé à de nombreuse résidences de création dont entre autres au CMMAS (Morelia, Mx, 2014, 2018), au CENART (Mexico City, Mx, 2008), au CCA (Glasgow, SCT, 2009) à l’Ars Bioartica (Kilpisjärvi, FN, 2017) et au Visby Center for Composers (Visby, SE, 2009). 

Sa pratique s’est ensuite graduellement transformée et nourrit de la démocratisation de l’informatique de création ayant cours sur Internet. Ayant migré de la composition musicale vers les nouvelles plateformes d’expression, il a présenté des oeuvres sous divers formats allant de la performance audiovisuelle jusqu’aux projets chorégraphiques en passant par l’installation robotisée à grande échelle. Ses projets ont été diffusés entre autres au Festival Elektra (Montréal, 2016), au Festival In-Sonora (ES, 2016), au Festival Phenomena (Montréal, 2015), au TIES (Toronto, 2018), à Tangente (Montréal, 2018), au Studio 303 (Montréal, 2014, 2018), à Accès Culture (Montréal, 2019), au MNBAQ (Québec, 2013), au Musée de la civilisation (Québec, 2017) et au Festival Akousma (Montréal, 2017). Il a reçu des nominations au Japan Media Arts Festival (Sélection des jurées pour You Mean It’s Just Sounds?, 2015), au Prix Lumens (sélection sur la liste longue pour Sway Array, 2015, UK), au Prix Arte Laguna (en 2014 pour Lungta et en 2015 pour Sway Array, Venise, IT). Il a aussi travaillé en danse notamment avec les chorégraphes Karine Ledoyen (Danse kpark, 2012, 2016, 2017, 2018) et Sarah Bronsard (2018). À titre de programmeur, il a travaillé avec de nombreux artistes dont Herman Kolgen (2012, 2016, 2018, 2019), Jean-François Laporte (2019, 2020) et Walter Boudreau (2012).

Il enseigne à titre de chargé de cours en musiques numériques à la faculté de musique de l’Université de Montréal depuis 2010. Ses tâches d’enseignement se partagent entre la composition audiovisuelle, la lutherie numérique et la création audionumérique. Il enseigne aussi régulièrement en centre d’artiste des ateliers sur le codage créatif, notamment sur les plateformes Arduino, superCollider et openFrameworks.

Démarche (version longue)

Je m’intéresse au design interactif dans sa possibilité de projeter sur la musique un ensemble des symboles qui enrichissent l’écoute mais je suis aussi attaché à l’idée que la musique existe en dehors du langage. Il y a chez moi une sorte de paradoxe, à la fois un désir de rendre compte du monde et des idées doublé d’une étrange résignation, d’une petite tristesse à constater que la musique est un véhicule limité à cet effet. À ce paradoxe il faut en ajouter un deuxième. Je suis attaché à l’idée que la musique soit une invitation à percevoir plus qu’à réfléchir. Je crois qu’il n’existe que trop peu d’occasions de saisir la réalité en dehors du spectre des idées et de la raison et la musique m’apparait opérer dans ce sens. Mais simultanément, je crois que cette idée de la musique et de l’indicible révèle aussi la difficulté pour celle-ci de s’adresser à la partie la plus engageante qui soit en nous: la raison. Cette tension entourant l’idée de sens est en quelque sorte le moteur de mon travail.

C’est à l’intérieur de ces paradoxes que mon engagement avec la technologie s’est graduellement développé. La possibilité de mettre en relation des formes sonores avec des images, des objets robotiques ou encore le corps humain permet de faire rebondir sur la musique un bout de discours intelligible, l’amorce d’une idée. Engagé dans un jeu sur le sens lui-même plutôt que vers un travail de nature conceptuel, j’utilise des éléments qui peuvent orienter la réception mais mon travail n’est pas centré sur le message. J’ouvre la porte à certaines lectures tout en invitant le spectateur à abandonner la nécessité de produire du sens.

Je m’intéresse à la sonification du paysage et du corps, à la vision par ordinateur, à la biométrie et aux objets robotiques affichant des morphologies humaines. En créant des liens interactifs entre les corps, les images, les sons et les objets, je tisse des réseaux où des sensations et des idées cohabitent pour aller ensuite se noyer dans le son.

De part la nature des questionnements et des matières que j’utilise, mon travail est essentiellement multidisciplinaire tout en étant enraciné dans les pratiques du son. Je crée des assemblages avec la programmation informatique comme pivot central. Mes oeuvres, même celles déclinées en installation, sont essentiellement performatives et au final assez proche du concert. Je considère que la création est intégrée à chaque étape de développement d’un projet, de la mise en place des idées jusqu’à la conception machine ou au codage en passant par l’exécution. Je suis constamment en train de revisiter mon approche de la création afin de faciliter une pratique transversale incluant différents collaborateurs avec qui je partage le travail et l’autorat de mes oeuvres. (08/2019)